vendredi 6 février 2026

La Forêt

 

« Deviens ce que tu es » – Nietzsche


Bien des fois, j’ai pris les sentiers de la forêt,

Au milieu des fougères séchées par l’été,

Là, en son sein, j’ai senti ses odeurs lourdes

Et suaves de sa propre décomposition.




Bien des fois, j’ai écouté son cœur battre

Sous les feuilles, où je pouvais discerner

Le bruissement de la vie et de la mort.

Alors, je faisais d’elle ma confidente,

Au fil du temps, elle était devenue mon amie.




Oui, bien avant les hommes, elle a su.

Très tôt, elle a tout perçu de moi,

Elle, elle connaissait mon secret !




Elle a été le témoin de ces rendez-vous

Montrés du doigt, interdits par les lois,

C'est là que je retrouvais les mêmes ombres,

Pour des jeux inconvenants, qu’il fallait taire.


































Bien des fois, j’ai levé les yeux vers les cimes

De ses vieux sages, implantés depuis des siècles,

Pour leur demander « pourquoi moi ? ».

J’attendais du frémissement de leurs feuilles,

D'être mis au pilori ou d’être innocenté.





Ils me répondaient avec un rayon de soleil,

Qu'ils laissaient glisser doucement jusqu’à moi,

Apaisant d'une caresse, ma blessure intestine.

Ils semblaient me dire simplement, « Sois-toi ! 




Bien avant les hommes, elle a su mon désarroi.

Enfant, je me réfugiais dans son ventre de mère,

Où je cachais ces différences qui effleuraient

Ma conscience encore ignorante, encore naïve.




Pendant ma jeunesse, je me détachais d’elle,

L’amour m’avait donné de grandes ailes,

Pour m’envoler, haut, au-dessus de mes peurs.




Mais avec le temps, au retour de mes turpitudes,

Elle fut le témoin des larmes d'un homme désarmé,

Pour qui sa bienveillance ne suffisait plus.




Et pourtant, en elle, j'avais puisé mes forces

Pour aller de l’avant, et suivre ma destinée,

Sur mon chemin hasardeux, tracé depuis toujours.





C'est sous sa canopée que j’ai fait mon choix

Assumer enfin, ce que je devais à la nature.




Texte et photos Christian Bailly 
Tous droits réservés
04/02/2026

mardi 27 janvier 2026

Liberté !

 



























Derrière les barreaux...

Il existe toujours des rêves de liberté...

 

Je suis derrière des barreaux

Dressés par les hommes,

Derrière des murs

Bâtis par la société.

Ils cachent ma réalité...

 

Liberté !

Liberté !

Donne-moi,

De mon destin,

La clef de mes chaînes

Et de ma cage dorée.

Donne-moi la force

De m'échapper…

 

Liberté !

Liberté !

Sur la voie sacrée,

Guide-moi vers l'émancipation,

Que je vive enfin ma vérité,

Que je fasse entendre

Ma voix libérée.

 

Liberté !

Liberté !

Donne-moi des ailes,

Émancipe ma conscience,

Que j'embrasse l'évidence,

De vivre le substantiel,

De mon existence…


Christian Bailly 

Tous droits réservés

24/01/2026

jeudi 22 janvier 2026

La rivière


 



Elle court, elle court la rivière,

Dans nos pas, sans se soucier

Le moins du monde des pierres

Qu'elle roule sous nos pieds.





Elle flâne, elle flâne la rivière,

Riche d'amour, riche de vie,

Dessus, dessous la verte litière

De nénuphars à peine fleuris.





Elle se hâte, elle se hâte la rivière

Promène toute sa progéniture

Le long des terres nourricières,

Sous le soleil qu'elle capture.





Même si elle se presse la rivière,

Ses reflets d'azur et d'argent

Remplissent notre aumônière,

Des richesses de l'instant présent.




Elle prend tout son temps la rivière,

D'arroser les prairies en fleurs,

Où je rêve d'école buissonnière,

Et moi, je suis là, à flairer le bonheur.














Texte et photos Christian Bailly

Les bords de l'Yonne près de Cézy - Thèmes

Tous droits réservés 

22/01/2026

vendredi 16 janvier 2026

Envies

 




J'ai envie…

J'ai envie de ta bouche, et des tumultes de ta langue.

Elles enflamment mon corps, me font perdre mes esprits.

J'ai envie du sel de ta peau sur mes lèvres fiévreuses.

Il attise ma fringale, et pimente mon incorrigible curiosité.





J'ai envie de croquer tes tétons insolents qui me narguent.

Saisir tes seins à pleines mains, les pétrir comme du bon pain.

J'ai envie de poser ma tête sur le velours de ta chair offerte.

Et venir perdre mon âme sur les chemins de tes désirs.







J'ai envie...

J'ai envie de redécouvrir ce mystère blotti entre tes cuisses,

Là où niche l'escarcelle de tes plaisirs échus et de ceux à venir

Mais aussi de ton sexe qui comble si bien mes faims de toi,

Il sait assouvir ma gourmandise de vieil amant insatiable.






J'ai envie de baiser tes rondeurs généreuses et pommelées.

Où se cachent, dans leurs ténèbres, les arcanes de mon désir.

Où j'espère déposer, de mon amour, le sublime, l'apothéose.

J'ai envie de tous tes paysages où j'aime partir en voyage...





Là où dans un souffle, je dépose mon amour incandescent.







Texte et photo Christian Bailly

Tous droits réservés

16/01/2026

dimanche 4 janvier 2026

J'ai rêvé

 


Le diable s’était invité à ma table,

Pour faire de moi un de ses disciples,

Me faire oublier tous mes principes,

Me faire découvrir l’inexpiable.


 

À ses pieds, je me suis agenouillé.

Il a fait de moi une véritable roulure.

Dépravé, j’ignorais les souillures,

Offrant volontiers mon cul dépucelé.



En ange possédé, toujours en rut,

J’offrais mon phallus aux bouches

Gourmandes, aux culs farouches.

Un jour maître brutal, un jour pute.


 


Je me nourrissais de fruits défendus,

Je buvais leur jus chaud et laiteux,

Je lichais des culs encore baveux

D’irruptions viriles et assidues.


 


Le petit jour me faisait chienne.

Pour être couronné reine des salopes,

La nuit venue faisait de moi une lope,

Alors, je ne ménageais pas ma peine.

 

J’offrais mon âme perdue au diable.

Il domptait mes viriles entrailles,

Pour en faire de la chair à chenaille.

De vit et de sperme, j’étais insatiable.




Mais quand repu, ma chair dépecées

Tomba en lambeaux dans les flammes,

J’ai senti venir la fin du drame.

Trempé de sueur, je me suis réveillé.


 


Tu étais là, à mes côtés, tel un ange,

À veiller sur mon sommeil agité.

Sur mes lèvres, tu as déposé un baiser.

J’ai senti mon bas-ventre s’embraser.


 

Contre-moi, la raideur de ton ardeur.

Gourmand, je t’invitais à ma table,

Pour te faire découvrir l’inexpiable,

Saveur de mes amoureuses faveurs.


Christian Bailly

Tous droits réservés

03/01/2026