samedi 15 mars 2025

Dilemme (Revisité)

  


Le temps passe,

Laisse ses grimaces

Sur mon visage

Qui prend de l'âge

Et sur mon corps

Qui craint le chant du cor.

 

De la frivolité de la jeunesse,

À la gravité de la vieillesse,

La course du sablier

Semble s'affoler,

Ne pas vouloir écouter

Mes réticences désespérées.

 

J'attendais de la sagesse

Quelques largesses

Pour mieux accepter,

Avec une certaine dignité,

Ce naufrage annoncé,

L'insensé d'une destinée.

 

Ma tête n'en faire qu'à sa tête

Pour continuer la fête.

J'ai beau me démener

Ne rien vouloir céder

Comme un jeunot, je m'entête,

Mais ne suis qu'un vieil esthète.

 

Je refuse de voir cette réalité

Qui finira par m'emmurer

De gré ou de force.

Je ressens comme un divorce

Entre ce que je suis

Et ce que je fuis,

 

Entre ce que je veux

Et ce que je peux…

Et c'est bien là le dilemme…

Ah ! "Si jeunesse savait

Si vieillesse pouvait"


Christian Bailly

Tous droits réservés

16/03/2022 (revisité 15/03/2025)

samedi 1 mars 2025

Nocturne

 

Dans la nuit qui s'étire, troublés par nos rêves,

Je sens ton intime souhait d'enfreindre la trêve.

Ton désir, tout frétillant, me sort du sommeil.

Ah ! Pour me convaincre, il n'a pas son pareil !





Telle une femelle fiévreuse, tu offres ta poitrine

À mes baisers fougueux qui t'assassinent.

Ta virile prestance me met au défi, avec majesté,

À cette besogne, je m'attache sans protester.






Je m'agite, je te branle, je te lèche, je savoure.

De mes bons soins et d'amour, je t'entoure.

Ta queue raide comme la justice, demande

Sa sentence; de jouissance, elle est gourmande.




Je prends grand plaisir à affûter ton désir.

De ton précieux foutre, j'ai hâte de te dessaisir.

Ma bouche, en experte, excelle dans son art.

Pour rien au monde, elle ne laisserait sa part.





Tu quémandes et geins comme une pucelle,

Tandis que ton sexe éclabousse notre ciel.

Le matin solennel inonde ton bas-ventre,

Pour un instant, du monde, tu es le centre.



Comme un affamé, je savoure ce mets divin,

Offrande consacrée, de ton corps souverain.

Une ultime larme d'opale émerge de ta verge,

Suprême saveur avant l'extinction de ton cierge. 



Christian Bailly

Tous droits réservés

16/03/2016

samedi 15 février 2025

À mon cowboy bien-aimé







Quand je contemple mon cowboy bien-aimé,

Alors qu'il tient le manche bien en main,

Et qu'il a les pieds bien encrés dans le foin,

Me serait-il vraiment possible de lui résister ?





Lorsque je vois mon cher cowboy se délecter
 
À se vautrer allègrement tout nu dans la paille

Comment réprimer ce désir qui m'assaille,

Et de la situation , ne pas avoir envie d'abuser ?





À le voir, ainsi, fièrement dressé dans l'étable,

Sur ces grosses balles d'herbes sèches,

Il me faut l’avouer, ça me donne la pêche ;

Alors, j'ai envie, avec lui, de me mettre à table.





Plus je le regarde et plus je suis hypnotisé

Par son membre vigoureux qui semble me défier.

La présence animale n'est pas sans nous exciter.

Ne réveillerait-elle pas en nous notre bestialité ?





Je ne le nie pas !

Si l'envie lui prenait de bien vouloir me traire,

J'avoue, je ne cracherais pas dans la soupe,

Et je laisserais mon cowboy caresser ma croupe,

Sans essayer, le moins du monde, de m'y soustraire.




Là, sur le lit champêtre fait de foin odorant,

Il pourrait bien me saillir comme une bête,

Pour calmer ses ardeurs, je ne lui tiendrais pas tête.

Il serait mon maître fiévreux comme un pur-sang.




Ou encore

Comme envoûté par ses effluences animales,

Je viendrais suçoter, me délecter de ses tétines.

Avoir la primeur du p’tit lait de sa fertile pine,

Avant de me délecter de sa crème de mâle.





Alors, exténués par nos folies pastorales

Nous nous abandonnerions à la petite mort,

Comblé par l'amour, heureux de notre sort,

Jusqu'à l'un de l'autre, notre prochaine fringale.



Mmmmm, qu'il est beau, mon cowboy bien-aimé !





Christian Bailly

Tous droits réservés

15/01/2025

vendredi 14 février 2025

Si je devais...

 




 

Si je devais rencontrer un homme, sur mon chemin de vie,

Ce ne pourrait être que toi.

 

Si je devais partager avec un homme folies et délires, 

Ce ne pourrait être qu'avec toi.

 

Si je devais tomber amoureux, à en perdre la tête,

J'aimerais que ce ne fût que de toi.

 

Si je devais refaire une promesse devant les hommes, pour la vie,

Ce ne pourrait être qu'à toi.

 

Oui, mon amour,

Avec qui d'autre pourrais-je être aussi heureux que je ne le suis,

Si ce n'est qu'avec toi.

 

Non, Mon Amour !

Je ne vois aucun autre homme avec qui je puisse être si bien.

Je ne vois aucune autre épaule où poser ma tête que la tienne.

Je ne vois pas d'autres bras où me sentir plus rassuré que les tiens.

La seule main à qui je veux donner ma main pour le reste de mes jours,

C'est la tienne.

Puisque je t'aime...

Tu es l'homme de ma vie...



Christian Bailly

Tous droits réservés

14/02/2025

vendredi 7 février 2025

vendredi 24 janvier 2025

L'asile des mots


Quand les mots n'étaient plus qu'un asile

Pour me cacher, pour camoufler ma folie,

Je dissimulais cet amour singulier et interdit

Dans mes vers, l' "elle" travestissait l' "il"!






Ma honte, ce sentiment qui dérange,

Envahissait mon cœur en exil.

Ma honte, ce désir de mâle qui démange,

S'emparait de mon corps viril.

Ma honte, mon âme maudite et étrange,

Était prête à mettre un destin en péril.



C'était sans compter sur l'amour véritable,

Celui qui est à la source de douces folies,

Celui qui se désintéresse de tous les non-dits,

Dans mes vers, les preuves irréfutables 


Ingrid Douchin


Aux mots, mes maux,

Sur une page immaculée.

À mes maux, des mots,

Pour enfin endosser

Ce moi, qui préfère les "il", aux "elles",

Ce moi, qui ouvre enfin ses ailes,

Pour une toute nouvelle destinée !




Ma fierté, ce sentiment qui dérange,

M'a fait sortir de mon exil.

Ma fierté, ce désir qui me démange,

Épanouit mon corps indocile.

Ma fierté, mon âme déchue, la venge,

Prête à vivre ce destin qui se profile.




Alors…

Sur ma page blanche,

J'ose divulguer le "il".

Ma plume franche,

Dévoile mes amours virils.

En mots, mon Bonheur,

Sur ces pages partagées,

Pour exprimer, pour expliquer,

L'universalité des lois du cœur,

L'universalisme de l'amour.



Christian Bailly

Tous droits réservés 

001/02/2016

vendredi 17 janvier 2025

Mon amour, j'ai laissé…

  

Mon amour, j'ai laissé…

 

J'ai laissé mon cœur transi sur ton oreiller,

Pour parler à ton oreille et rassurer tes rêves.





À ma place, j'ai laissé les draps tout froissés,

Pour que tu te souviennes de nos plaisirs.

 

J'ai laissé mes ardeurs sur notre couche,

Pour que tu t'impatientes de mon retour.


 


J'ai laissé mon esprit errer dans la maison,

Pour que tu oublies le silence de l'absence.

 

J'ai laissé, chez nous, l’empreinte de mon âme,

À toi seul prédestinée pour la vie, à jamais.

 

Loin de toi, je ne suis qu’une ombre vagabonde,

Une âme en sursis, un cœur sans raison d’être.

 

Alors

Je t'ai laissé tout de moi, le temps de notre séparation,

Pour être sûr de revenir me blottir dans tes bras,

 

Et te dire, je t’aime !



Christian Bailly

Tous droits réservés

13/01/2025

vendredi 10 janvier 2025

La complainte d'un vieux fou

 


 



Je ne suis qu'un vieux fou !

Sans cesse, vers toi, mes pensées

Amoureuses et ardentes vagabondent,

Me tourmentent et me dévergondent,

Font de moi un vieil amant obsédé.



Un enchantement qui dure et qui dure,

Que les mots n'exorcisent même pas.

Je ne sais pas résister à tes appâts.

De cette tourmente, j'aime les griffures.




Je ne suis qu'un vieux fou !

J'assume cependant tous mes délires,

Trop heureux de vivre ces instants.

Ils me sont donnés au dénouement

De mon destin, qui lentement expire.



Instant de grâce tant de fois inespéré

Auquel je ne croyais plus vraiment.

Un regard, un baiser de mon amant,

Font de moi un vieux poète enchanté.





Je ne suis qu'un vieux fou !


Un vieil homme follement amoureux,

Je veux vivre l'automne de ma vie,

Comme un printemps s'épanouit

Sous les premiers éclats généreux.



Je gribouille des pages et des pages,

Pour perpétuer cet amour qui nous tient.

De ma destinée, tu es le magicien,

Tu le sais, tu as tous mes suffrages.





Je ne suis qu'un vieux fou !


Non ! Ma vie n'est point chimérique,

Quand sur moi, tu refermes tes bras,

Mon âme oublie ses singuliers combats,

Mon cœur se repaît de l'instant onirique.



Peu importe si Thénatos m'emporte

Un jour pour le Tartar, pour expier.

Je n'étais pas destiné pour l'Elysée.

J'aurais ce bonheur vécu pour escorte.



Je ne suis qu'un vieux fou !

Merci de faire de moi ce vieux fêlé,

Je t'aime  à la folie comme à vingt ans.

Je ne vois plus les larmes du temps

Imprimées sur le papier glacé du passé.



Des hommes, je suis le plus comblé,

Je me complais dans cette folie.

Mes turpitudes, par l'amour, abolies,

Laissent enfin la place à la félicité. 



Texte et photos : Christian Bailly

Tout droits réservés

13/02/2016