lundi 16 février 2026

Au pied de son arbre

 Illustrations : Création des pensionnaires de l'Ehpad Korian de Gigean

Le 21 septembre, dans le contexte de la journée mondiale de la maladie d’Azheimer, Gaëlle, la psychiatre de l’Ehpad Korian de Gigean organisait une conférence sur les bienfaits de l’art. 

A cette occasion les pensionnaires ont été invités à une activité peinture et collage. 

Pour ma part Gaëlle m’a demandé si je voulais bien participer en lisant quelques poèmes. Le thème de cette après midi était « Au pied de mon arbre »… 

Je me suis mis à ma plume pour composer tout spécialement ce texte que je vous confie aujourd’hui.





Le poète écrivait au pied de son arbre,

Ce qui ne serait jamais gravé dans le marbre.

Il rêvait d'un monde parfait, fait d'amour éternel,

De paix, tout comme ses rêves sempiternels,


L'arbre se penchait pour lire ses messages.

Lui que l'on disait immortel, le vieux sage,

Il avait vu bien des guerres et des révolutions,

Sans que les hommes ne trouvent de solutions.


Il avait vu, les absurdes abattages, les incendies,

Des hommes barbares, toutes leurs ignominies.

Il tremblait d'entendre la cruelle tronçonneuse,

De ses frères malchanceux, la moissonneuse.


Il ne se faisait plus de grandes illusions,

Il voyait venir de sa vie la funeste conclusion.

Il faudrait bien un jour laisser à la jeunesse,

Sa place, abandonner son droit d'aînesse.




Au pied de son arbre, se disputaient les taillis,

Impatients de voir le soleil qui donne la vie.

L'ombre de l'illustre freinait leur croissance,

Les maintenait dans leur piètre adolescence.


Inconscients, ils attendaient des homme la venue,

Intimement, d’eux, ils n’espéraient point de retenue,

Et voir sous peu disparaître ce frère séculaire.

Son tronc élancé promettait de bonnes affaires


C'était bien mal présumer des hommes, en vérité.

Bientôt, l’humble poète connut la grande renommée,

On le vénéra jusqu'à ce qu'il fût sous le marbre.

Il repose près de son vieil ami, au pied de son arbre.


Depuis, les années ont passé…

Au pied de son arbre, le poète, a sombré dans l’oubli

Mais le vieux chêne, lui, qui doit sa vie à la poésie

Continue d’offrir généreusement aux passants

Sa fraîcheur revigorante, sous son ombrage apaisant.





Christian Bailly
Tous droits réservés
21/09/2021

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