lundi 20 octobre 2025

Les Carrelets

 

Les carrelets,

Comme des sentinelles

Droites dans leurs bottes,

Veillent nuit et jour

Entre ciel et terre.

 

Sur leurs frêles échasses

Ils défient les éléments,

La mer, le vent et le temps.

 

Sur eux, les tempêtes passent

Ou plus sagement s’effacent,

Mais aux cruels ouragans,

Les moins aguerris à la fureur

Cèdent, finalement trépassent,

Dans un déchirant fracas.

 

De leur silhouette dégingandée

Ils griffent l’horizon et le ciel,

Semblent fiers de leur défi

Et ignorer leur réelle vocation

Certes honorable, il faut le dire,

Mais moins prestigieuse…

 

Et pourtant, toutes ces pêcheries

Ont rempli moult ventre creux

Sans avoir à affronter les caprices

D’une mer pas toujours avenante.

 

Si les tempêtes Martin et Xynthia

Ont décimé leurs rangs serrés,

Les hommes, toujours acharnés,

N’ont pas baissé les bras pour autant,

Pour faire renaître les fleurons

D’une tradition bien établie

Par ces pêcheurs émérites.

 

Comme des sentinelles

Droites dans leurs bottes,

Entre ciel et terre

Veillent nuit et jour

Les carrelets...



Texte et photos Christian Bailly

Tous droits réservés

14/10/2024

samedi 18 octobre 2025

vendredi 17 octobre 2025

Vieille souche

 


 

La vie m'a évidé

De toute envie,

De tout désir,

De toute sève,

Et de cette ardeur

Qui brûlait en moi.




La vie m'a évidé

De toute volonté,

De tout espoir,

De tous mes rêves

D'adolescent naïf

Devenu sage

Sous la contrainte

Des années passées.






La vie m’a évidé

De toute ma vitalité,

De toute mon énergie,

De cette résistance,

Qui me tenait debout,

Face à l'adversité

Contre vent et marée.




La vie m'a évidé

De ma substance,

De l'essence même,

Qui faisait de moi

Ma réalité absolue,

Ma raison d’être.




La vie m'a évidé

Pour ne me laisser

Qu'une peau ridée,

Une âme déchue,

Un cœur évanescent,

Un corps délabré.



Le soleil me caresse

De ses rayons sagaces,

Il traverse mon corps,

Devenu imperturbable,

Indifférent aux plaisirs,

À la vie, comme à la mort.




Désormais, je ne suis

Qu'un corps debout,

Qui résiste au temps,

Un corps transparent,

Qui peu à peu s'effrite,

Pour naître poussière.




La vie m'a évidé...

Et le monde, sourd,

À mon désespoir

Continue de tourner...

Pour lui, je ne suis plus

Qu’une vieille souche !







Texte et Photos Christian Bailly

Tous droits réservés

27/10/2024

Chers Amis...

 






Chers Amis...

Je suis heureux de vous offrir cette minute de sérénité...

Cet instant solennel...

Tout comme moi, profitez de ce moment où rien d'autre n'existe...

Où la pensée s'efface,

Où le monde se volatilise,

Se dilue dans ce bain de jouvence...

Alors plus rien d'autre ne compte...




Que ce face-à-face sublime de l'Homme dépouillé de ses oripeaux et de la Mer,

Que cet instant exclusif où l'on fait la paix avec soi-même...

Que ce grondement magistral qui couvre le bruit des bombes

Que ce temps suspendu à vénérer cette magnificence...

Instant magique à nul autre pareil...

Où l'on peut contempler, de la création, le prodige.




Christian Bailly
Tous droits réservés
01/11/2024




vendredi 10 octobre 2025

Rubicon

 


Un mâle,

Un peu brutal,

Qui se dévoile,

Avec du poil.

Brut de décoffrage

Disposé au dressage.





Un dur à cuire,

Enrubanné de cuir.

Je fonds,

Et je franchis le Rubicon...


 




J'en fais mon seigneur,

Je suis son serviteur.

Il est mon maître, pas grave,

Je veux bien être son esclave,

Et même devenir sa chose.

Pourvu qu'il ose !


 



Christian Bailly

Tous droits réservés

22/08/2025

mercredi 8 octobre 2025

Un jour, le vent les emportera

 


 

Nos rêves contrariés ou exaucés,

Toutes nos chimères et nos projets,

Un jour, le vent les emportera.

 

Nos combats et nos résistances,

Ce qui guidait alors notre existence,

Un jour, le vent les emportera.

 

Il emportera nos idées occultées,

Et celles farouchement exprimées,

Nos esprits rebelles et indomptés.

 

Le refrain répété de nos chants d'amour,

Nos serments renouvelés pour toujours,

Un jour, le vent les emportera.

 


Il emportera de nos destins mêlés,

Les vestiges de nos baisers passionnés

Et ceux de notre tendresse empressée.

 

Le parfum doucereux de nos amours,

À l'aurore épurée d'un nouveau jour,

Un jour, le vent les emportera.


 

Les plaintes de nos plaisirs au réveil,

Sur nos draps séchés au soleil,

Un jour, le vent les emportera.

 

Il emportera nos amours interdits,

Vers un monde où tout est permis,

Là, nous ne serons plus des proscrits.

 

Sur le sable hospitalier, l'empreinte

De nos corps matures, de nos étreintes,

Un jour, le vent les emportera.




 

Nos corps vétustes partis en poussière,

Orphelins de nos âmes singulières,

Un jour, le vent les emportera.

 

Tout de l'infime trace de notre passage,

De ce qui aura fait de nous un mirage,

Un jour, le vent les emportera.

 

Il emportera la blême luminescence,

De nos étoiles confiées à la providence,

Dans un univers en effervescence.



 

Un jour, le vent mauvais

Nous emportera, à tout jamais…

 

25/09/2025


jeudi 2 octobre 2025

Dans l'ombre



Un rayon de lumière se pose sur ses rondeurs,

Laissant dans l'ombre, l'arme secrète de ses charmes,

Où j'aime égarer mon âme prête à se damner,

Pour assouvir mes désirs de mâle en mal de mâle.





Ses sensuelles opulences courtisent ma concupiscence.

Tout son corps semble attendre la visite de mon vit,

Et s'avance, pour venir au-devant de ma perquisition.

Il m'offre ce cadeau somptueux que la nature lui a fait.






Je viens déposer mes baisers sur ses formes généreuses

Puis sur sa rose déjà humide des rosées de ses désirs.

Au creux de mes reins, naissent les feux de l'amour.

Dont seul son antre intime peut devenir l'éteignoir.





Je le prends d'assaut, comme on prend une forteresse,

Il se rend sans vraiment résister, de toute évidence,

Il attendait d'être vaincu, pour pouvoir se libérer

De ces derniers remords de conscience qui le tenaillent.




Il s'abandonne, comme une vierge, sur le lit nuptial.

Je fais la lumière sur l'ombre où se cachent ses charmes.

Là, j'assouvis mon désir de mâle en mal de mâle,

Tandis que dans un gémissement, s'épanche son plaisir.

 




Christian Bailly

Tous droits réservés

22/09/2025