lundi 8 octobre 2018

Angoisse



Alors que le monde s'oublie dans le sommeil…















Angoisse, tu viens, traîtresse, me cueillir.
Tu m'assailles comme une terre à conquérir,
Tu assièges mon esprit, pour qu'il se rende,
Trop rétif à ton goût, tu me mets à l'amende.

















Prisonnier, je suis, de tes griffes acérées,
Tu me cloues au nid, je suis piégé.
Tu presses ma poitrine pour me faire sortir les larmes,
Tu lacères mon cœur pour lui faire rendre les armes.












Je te sens en moi immonde et possessive.
Tu parcours mes veines, lascive,
Tu avives l'étincelle de mon désespoir,
Sur moi, tu as tous les pouvoirs.






Tu t'accapares de mes restes d'illusion,
De mes terreurs, tu fais la moisson.
Tu fais de moi une terre brûlée.
Mon sens de la réalité, hypnotisé.












Mon âme que ton chant monotone effleure,
Se laisse gagner peu à peu par la torpeur.
Mes yeux se voilent, en moi je ne vois plus,
Les sons se noient, je ne m'entends plus.





















Tu me tiens au garrot, pour taire ma peur,
Ta tenaille, dans mes entrailles demeure,
J'étouffe. Sur mon lit étendu,
Finalement je m'éteins, par toi vaincu.












Texte et photos (12/2007) de Christian Bailly
Tous droits réservés
23/10/2008

vendredi 5 octobre 2018

Toi



Tu es là, devant moi,

Dans ta nudité poivre et sel

Qui me met en émoi.






Ta fierté virile,

Déjà réveillée, m'attend

Et me rend docile.






Ton regard bordé

Par le plaisir qui t'attend

M'a hypnotisé.







Tes lèvres frémissent,

Doucement s'éveillent,

Puis m'engloutissent.





Ton corps ciselé

Se pavane à mes yeux.

Je ne puis résister.






Ta poitrine, d'orgueil

Se gonfle et dans la  volupté,

Sauvagement, me recueille.





Sur moi, tes bras

Se referment et sur ta paillasse

Me mettent bas.





Tes cuisses fermes

M'encerclent, tendues du plaisir

Bientôt à terme.






Tes fesses s'arrondissent

Généreusement sous mes caresses

Encourageantes et lisses.






Les salves chaudes

De tes baisers cuisants et audacieux

Me taraudent.





Ton sexe audacieux

Prend possession enfin de mon âme

Et me cloue aux cieux.





Ton corps, une dernière fois,

Se cambre … et dans un dernier rictus

De plaisir, se meurt, aux abois…






Tu es là, sur moi…

Dans ta nudité lourde et rassasiée

Qui me met en émoi.


Photos et texte de Christian Bailly
15/10/2008
Tous droits réservés

mercredi 26 septembre 2018

Les écorchés




Nous sommes un, Nous sommes cent, Nous sommes des milliers d'écorchés,
À nous promener le vague à l'âme,
L'âme en larmes,
À nous chercher sans nous trouver,
À nous expliquer sans nous comprendre,
À nous accuser sans avouer,
À nous mutiler pour nous guérir,
À nous trucider sans mourir.



Nous sommes un, Nous sommes cent, Nous sommes des milliers d'écorchés,
À nous morfondre comme des coupables.
Nos forfaits ne sont pas des crimes abominables,
Seulement une différence inavouable.
Une lèpre invisible qui nous accable.
Nous ne sommes pas contagieux,
Nous survivons, courageux,
Avec nos faix dont personne ne veut.


Nous sommes un, Nous sommes cent, Nous sommes des milliers d'écorchés,
Nous n'avons ni père ni mère
A qui avouer nos misères.
Seulement le vent et la terre,
Où le droit de nous taire.
Une couronne d'épines lacère
Nos cœurs qui saignent sans tarir
Et de cette peine ne peuvent s'aguerrir.


Nous sommes un, Nous sommes cent, Nous sommes des milliers d'écorchés,
À vivre, survivre et  mourir
Dans le silence de ce que nous sommes.
Des écorchés !















Photos et texte :Christian  Bailly
Tous droits réservés
13/10/2008