Souviens-toi…
C'est là, dans ces sous-bois, derrière ces hautes fougères,
Nus comme un Adam, la forêt complice cachait à peine
Cet amour inconditionnel que nous vivons encore aujourd'hui
Et pour le reste de nos jours...
Mon ami, ici, tu trouveras toute ma vérité, sans florilège , celle de mon corps et de sa réalité, en toute modestie, celle de mon vécu impudiquement dévoilé avec humilité dans la simplicité de mes poésies, celle de cet amour qui me fait vivre intensément le bonheur d'être enfin celui que j'ai toujours été, celle de mes désirs irrépressibles d'hommes pour les hommes, celle de mes plaisirs d'hommes donnés par les hommes et en particulier par mon homme.
Souviens-toi…
C'est là, dans ces sous-bois, derrière ces hautes fougères,
Nus comme un Adam, la forêt complice cachait à peine
Cet amour inconditionnel que nous vivons encore aujourd'hui
Et pour le reste de nos jours...
Aimer, c'est exister, mon Aimé...
Tu es dans chacun de mes pas,
Dans chacun de mes regards,
Dans chacun de mes gestes,
Dans l'air que je respire et que j'expire,
Dans tous les battements de mon cœur
Et tous les chambardements de mon corps,
Dans toutes les dérives de mes pensées.
Mon bonheur a les couleurs
De tes yeux qui me regardent,
De ta peau aux viriles odeurs
Qui réveillent ma vieille garde.
Mon Bonheur a les couleurs
De mots tendres sur tes lèvres,
De tes baisers, de leurs tiédeurs
Qui me font monter la fièvre.
Mon Bonheur a les couleurs
De tes mains qui me caressent,
Et me plongent dans la torpeur
De tes désirs qui m'agressent.
Mon Bonheur a les couleurs
Matures de ta toison argentée,
Et de la jeunesse, la saveur
De ton impétueuse virilité.
Mon Bonheur a les couleurs
De ton désir irrespectueux,
Qui comble autant mon cœur
Que mon corps licencieux.
Mon bonheur a les couleurs
Du résultat de tes ivresses,
Qui me comblent d'honneurs.
Dignement, ici, je le confesse.
Mon bonheur a les couleurs
De cet arc-en-ciel qui réunit
Dans l'amour, nos âmes-sœurs,
Nos cœurs éperdument épris.
Instant unique de bonheur
Que d'être là, dans tes bras,
Ma tête posée sur ton cœur,
Et mettre le temps au pas.

À ne respirer que pour toi,
À n'être que l'unique objet
De l'amour, de son choix,
À oublier même de penser.

Compter toute notre fortune,
En baisers volés, en caresses,
En soupirs, en clairs de lune,
En désirs apaisés, en ivresse.

Sentir la brise envelopper
Nos insolents penchants,
Sur une plage abandonnée
Au solennel soleil couchant.

Caresser enfin notre avenir,
Pour en faire notre présent.
Le vivre avec un seul désir,
Enterrer les funestes instants.
Texte et photos Christian Bailly
Tous droits réservés
27/09/2011

J'ai couru tous les chemins pour te trouver,
Au risque d'y laisser mon âme corrompue
Par mes appétits singuliers souvent déçus.
Dans la boue, j'ai traîné mon corps saccagé.
J'ai attendu des nuits blafardes sans lune,
Aux coins des rues sombres et malfamées,
Affamé de chair fraîche, plaisante à cuisiner,
Mais qui jamais ne comblait mon infortune.
J'ai sacrifié mon corps aux causes perdues
Pour oublier au plus profond des bas-fonds
Mon cœur déçu par ces transports inféconds,
Ma chair par trop d'ingratitude, égratignée.
J'ai vu des soleils se lever dans le brouillard
De mon désespoir, des jours et des nuits sans faim,
Des crépuscules gisants, à espérer la fin en vain,
Sur l'autel de ma différence de vieux soudard.
Comme un fruit bien mûr, j'attendais d'offrir
Ma chair en délectation à l'élu de mon cœur.
Comme un agneau, j'espérais du sacrificateur,
Sa dague, pour ma vie, de ce destin l'affranchir.
Mes vertes années comme des feuilles mortes
Se sont envolées dans le ciel gris de ma vie.
Insatiable, je contentais de ma chair les envies,
Mais mes rêves d'amour restaient à la porte.
C'était sans compter sur les jeux du hasard.
Un soir d'été, sous un rayon de pleine lune,
La rencontre de nos corps se fit opportune.
De ce mariage charnel, nous sortîmes hagards.
J'en garde depuis un souvenir impérissable.
Ce que nos corps entreprirent dans l'ardeur,
Nos cœurs le parachèvent dans le bonheur
De vivre enfin cet amour incommensurable.
Ô. Toi Mon Ami ! Je te reçois en sauveur.
Je t'offre, de ma vie, les dernières exaltations
Jusqu'à mon dernier souffle, ma passion,
Mon amour, au-delà de ma dernière heure.
Texte et photos Christian Bailly
Tous droits réservés
20/09/2011