samedi 26 juillet 2025

Finitude

 


Ô mon amour, comme je crains de voir venir les jours,

Où nous devrons nous plier aux exigences du temps,

Où nos corps déchus devront abdiquer pour toujours,

Rendre les armes de la jeunesse sur les marches des ans.



Au beau milieu de nos jardins en friche, devenus stériles,

Nos désirs épuisés ne seront plus que des roses fanées.

De nos vertes années, ne resteront que des rêves puérils,

Que nos esprits fragiles et déliquescents finiront par oublier.





Ô mon amour, je crains ces printemps sans renouveau,

Que nous regarderons passer sur les têtes blondes,

Sans oser espérer d'elles un regard charitable en cadeau.

Nous n'oserons plus rêver de courir le guilledou à la ronde.




Nous aurons beau arroser nos jardins enneigés de baisers,

Semer, sur nos terres labourées par le temps, des caresses,

Nous moissonnerons seulement le silence de nos félicités.

Nous devrons accuser, sans gémir, les gelées de la vieillesse.




Alors sur les champs Elyséens de notre amour renouvelé,

Nous sèmerons une multitude de pétales de tendresse,

Pour faire ensemble, de chaque jour partagé, un rêve éthéré

Pour oublier de la vieillesse, Ô ennemie, toutes les rudesses



Mon tendre ami,

C'est avec toi seul que j'imagine sereinement ces jours

Où il nous faudra accepter avec sagesse de notre finitude

Cette fatale échéance qui triomphe même de l'amour,

Et l'affronter résolument avec ce qui faut de quiétude.

 


Christian Bailly
Tous droits réservés
26/07/2025

vendredi 27 juin 2025

jeudi 19 juin 2025

Vagues... À l'âme

 Vagues... 

        ... À l'âme






Je sens votre souffle sur mon corps engourdi,
Trop tard, vous venez à bout de mes réticences. 

J'entends dans vos murmures langoureux,
La complainte lancinante du temps qui m'échappe. 




Vous bercez obstinément mon âme mélancolique,
Et revenez, sans relâche, à la charge, en lames profondes. 

Comme de vieux galets usés par votre patience,
Mes pensées s’émoussent, se vident de leur substance. 




Vous ensablez irrémédiablement mon esprit encombré,
Pour dans vos courants vigoureux, m'emporter. 

Vous m'embarquez pour vos contrées lointaines,
Où, d’illusions en désillusions, mon âme se décompose. 




Étrange refrain que le vent dans les voiles de mon âme, 
Il me souffle des vers que je sauve avant qu’ils ne s’envolent, 

Sur la palette monochrome du registre de mes confessions, 
Où mon vague à l’âme s’écrit en mascarets poétiques. 




Je fige ici un instant de ma modeste existence d’humain, 
Tandis que vous continuez vos sempiternels assauts. 






Texte et Photos (Sète) Christian Bailly
Tous droits réservés
21/10/2019

mercredi 11 juin 2025

Au-delà de la mort

 



Au-delà de la mort…

Rien ne me sera plus douloureux que d'être privé de toi,

Que de ne plus sentir, chaque jour, ton regard sur moi,

Que de ne pouvoir continuer à te toucher, à te respirer,

Et d'être là, à regretter ces moments passés à tes côtés.



Rien ne sera plus douloureux que de devoir rester silencieux,

Que de ne pouvoir continuer à écrire ces mots langoureux,

Que de devoir taire pour toujours l'expression de mes désirs,

Et d'oublier à jamais nos folies consommées, nos plaisirs.



Au-delà de la mort…

Rien ne me sera plus douloureux que d'être dépouillé

De ton épaule, de tes bras, de tes étreintes et tes baisers,

Que de ne plus respirer le même air que toi, le nez au vent,

Et de ne plus partager un rayon de soleil au couchant.



Rien ne sera plus douloureux que de ne plus écouter, à deux,

Le refrain des vagues ou des oiseaux, le chant amoureux,

Que de ne plus partager nos silences sereins et complices.

Devrai-je, là où je serais, sans mot dire, vivre ce supplice ?




Au-delà de la mort…

Rien ne sera plus douloureux que de devoir me résigner

À sentir mon corps être insensible et mon cœur se briser,

Que de laisser le néant m'envahir pour éteindre ma flamme.

Cette flamme valeureuse dont l'amour était devenu l'oriflamme.



Rien ne sera plus douloureux que de voir effacer sur le sable

Nos pas imprimés côte à côte, par les flots du temps coupable.

Que de voir le monde continuer sa course folle et opiniâtre,

Alors que sur mon existence tombera le rideau de théâtre.




Non ! Non, rien ne peut être plus douloureux…

Que le martyre du partir, loin de toi…

Au-delà de la mort…



Christian Bailly
Tous droits réservés 
10/06/2025

jeudi 29 mai 2025

Libre !

 


Aujourd'hui, enfin je découvre la lumière !

Une partie de ma vie dont je ne suis pas fier

S'enfouit dans les profondeurs de mon passé,

Avec, j'ensevelis mes larmes et ma duplicité.






Comme un éphémère, à sa dernière heure,

Je suis émerveillé par autant de bonheur,

Et quitte à mourir, autant me brûler les ailes,

Dans un dernier baroufle d'amour charnel.





À l'échelle de l'univers, je sais, je ne suis rien,

C'est pourquoi, je m'efforce d'être épicurien.

Ma vie, sur cette terre opulente, sera brève,

De me prendre, la faucheuse déjà en crève.





Alors je m'agite dans ce tourbillon inhumain,

Où je ne compte pas plus qu'une putain.

Moi aussi, j'ai beaucoup d'amour à donner,

Mon âme, mon corps à cela se sont voués.





Même si par le passé tous deux m'ont trahi,

Nous n'en sommes pas moins devenus amis.

Enfin en accord, ils partagent la gouvernance

De mon nouveau destin dénué de turbulence.





Jamais une pareille félicité, pour moi interdite,

M'avait été donnée de vivre avec légitimité.

Aujourd'hui, je peux assumer, je n'ai plus à fuir,

Ni ce que je suis depuis toujours, le démentir.




Je suis libre ! Oui, je suis libre !

Libre d'être…

Libre d'exister…




Libre de vivre ma réalité… Mon identité.

Libre d'assumer mon évidence…

Je suis libre !



Texte et photos : Christian Bailly
Tous droits réservés
16/01/2014

Réjouis-toi !






Réjouis-toi,

Mon amour, réjouis-toi !

Nous aurions pu ne jamais nous connaître,

Dans la nuit, j'aurais pu ne pas te voir apparaître.

Alors, les étoiles, pour nous, n'auraient pas scintillé.

Nos chemins auraient pu ne jamais se croiser.




Même si pour certains, notre union n'a rien de sacré,

Devant les hommes, nous nous sommes mariés.

Personne, même la mort, ne pourra nous séparer,

Jusqu'au bout, nous irons, les mains enlacées.




Réjouis-toi,

Mon amour réjouis-toi !

Pour toi, je serai toujours là, tout près de toi.

J'ai fait tout ce chemin pour arriver sous ton toit.

Où je continue d'écrire ces serments poétiques,

Où je te prouve, de notre amour, le magique.




Je te dois tout, de ce don venu de je ne sais où.

Il fait de moi ce vieux rimailleur un peu fou,

Prêt à écrire ton nom sur tous les murs de la ville,

Jusqu'à ce qu'un jour ma plume prolifique vacille.




Mais réjouis-toi mon amour,

Réjouis-toi !

Longtemps encore, j'aurais cette persistante fièvre,

Pour écrire tous ces mots, et les déposer sur tes lèvres,

Pour qu'à jamais, ma poésie soit ce jardin enchanté,

Où, comme au tout premier jour, j'aime te retrouver.


Je t'aime !



Texte et photos : Christian Bailly
Tous droits réservés
27/05/2025

samedi 10 mai 2025

dimanche 4 mai 2025

La terre de ton corps

 



Quand l'aube se lève sur le champ de nos amours

Je contemple la terre endormie de ton corps

Des yeux, je parcours les prairies où renaissent

Chaque jour, mes plaisirs si longtemps interdits




Je folâtre et me laisse émouvoir par ta beauté

Pour laquelle je suis prêt à tout donner de mon âme

Je vagabonde jusque dans tes rêves intimes

Pour imaginer les plaisirs que tu attends de moi




Je m'extasie devant ce miracle qui ensoleille ma vie

Comment pouvais-je espérer vivre ce printemps

Qui m'effleure, là, à l'automne de mon destin ?

Peu importe, je goûte le miel de l'instant présent.




Enveloppé de sommeil, tu te retournes, innocent

Ignorant les doux tourments de ma chair palpitante

Tu me livres tes courbes généreuses et secrètes

De ce paysage au lever du jour, je m'émerveille




Je contemple ce chef-d'œuvre de dame nature

Qui réveille les convoitises de ma chair insatiable

Le désir s'invite furtivement à ma contemplation

Pour me détourner de mes rêveries pastorales




Les vapeurs matinales de ta chair m'étourdissent

Autant que celles d'un rayon de soleil sur l'humus

Lourds de promesses voluptueuses et fertiles.

Dans mon corps, grouillent, déjà, d'indicibles envies




Mes pensées s'envolent pour des cieux audacieux

D'où surgissent des démons aux appétits indécents

Sous mes caresses, ta terre se fait plus malléable

Ton sillon s'entrouvre sous mes impudiques baisers




Dés lors, je rêve de labourer la glaise de ton corps

Pour y semer mon amour sublimé par notre plaisir.

L'aurore rubescente enflamme le champ de nos hyménées

Et  je contemple la terre de ton jardin qui s'éveille



Christian Bailly
Tous droits réservés
25/01/2016