J'ai couru tous les
chemins pour te trouver,
Au risque d'y laisser
mon âme corrompue
Par mes appétits
singuliers souvent déçus.
Dans la boue, j'ai
traîné mon corps saccagé.

J'ai attendu des
nuits blafardes sans lune,
Aux coins des rues
sombres et malfamées,
Affamé de chair fraîche,
plaisante à cuisiner,
Mais qui jamais ne comblait
mon infortune.
J'ai sacrifié mon
corps aux causes perdues
Pour oublier au plus
profond des bas-fonds
Mon cœur déçu par ces transports inféconds,
Ma chair par trop
d'ingratitude, égratignée.

J'ai vu des soleils
se lever dans le brouillard
De mon désespoir, des
jours et des nuits sans faim,
Des crépuscules
gisants, à espérer la fin en vain,
Sur l'autel de ma
différence de vieux soudard.
Comme un fruit bien mûr,
j'attendais d'offrir
Ma chair en
délectation à l'élu de mon cœur.
Comme un agneau,
j'espérais du sacrificateur,
Sa dague, pour ma
vie, de ce destin l'affranchir.
Mes vertes années
comme des feuilles mortes
Se sont envolées dans
le ciel gris de ma vie.
Insatiable, je
contentais de ma chair les envies,
Mais mes rêves
d'amour restaient à la porte.

C'était sans compter
sur les jeux du hasard.
Un soir d'été, sous
un rayon de pleine lune,
La rencontre de nos
corps se fit opportune.
De ce mariage charnel,
nous sortîmes hagards.

J'en garde depuis un
souvenir impérissable.
Ce que nos corps
entreprirent dans l'ardeur,
Nos cœurs le
parachèvent dans le bonheur
De vivre enfin cet
amour incommensurable.
Ô. Toi Mon Ami ! Je
te reçois en sauveur.
Je t'offre, de ma
vie, les dernières exaltations
Jusqu'à mon dernier
souffle, ma passion,
Mon amour, au-delà de
ma dernière heure.
Texte et photos Christian Bailly
Tous droits réservés
20/09/2011