dimanche 26 mai 2019

Dites-moi…



Dites-moi cher Ami, comment résister.
Dites-moi cher Amant, comment ne point succomber,
À l'envie pressante d'aller vous retrouver,
Pour lire dans vos yeux de quoi me rassurer.


Dites-moi cher Ami, comment ne point écouter
Mon cœur survolté.
Dites-moi cher Amant, comment  dompter
Mes sens surexcités.



Apprenez-moi cher Ami, la patience,
Pour calmer, de mon cœur, l'impertinence.
Apprenez-moi cher Amant, de l'abstinence
Les bienfaits et à calmer ainsi ma pétulance.


Cher Ami, avant que je ne devienne un dément,
Exorcisez-moi, faites de moi un savant,
Dans l'art de vivre sagement,
De supporter loin de mon Amant, le temps…


Mais si de ces leçons dont je suis mendiant,
Vous ne connaissez point l'enseignement,
Si vous êtes bercé de pareils penchants,
Envoûté par le même sentiment,
Dites-le-moi, alors ! Dites-le-moi !
Que j'arrive prestement avec le bon vent
Pour calmer nos enchantements.


Texte et photos Christian Bailly
Tous droits réservés

samedi 25 mai 2019

Père










Tout au long de ma vie d'enfant
J'espérais te voir venir.
Le soir en m'endormant,
De ton baiser, j'attendais le plaisir.
Du temps où j'étais adolescent,
Je vivais seulement avec ces désirs.
Connaître enfin ce parent
Qui ne m'avait pas vu venir.
Aller avec toi dans le vent
Sauter, courir.























Connaître tout ton talent,
Et avec toi enfin grandir.
Rattraper avec toi le temps
Que je ne pouvais retenir.
À mes vingt ans,
De toi, j'étais toujours sans souvenir.
La même erreur que toi pourtant,
Je ne devais assouvir.
De mes amours, j'étais prudent,
Il fallait se retenir.















Sans toi, adulte non-consentant,
J'étais au devenir.
À être sans toi, un grand,
Je devais parvenir.
D'être père, il était temps,
Pour moi, de la saveur, la découvrir.
À mes trente ans, j'avais mes enfants,
Certes, j'y trouvais du plaisir,
Mais mon cœur n'était toujours pas content,
Le manque de toi ne pouvait périr.
Quand j'arrivai à mes quarante ans,
J'espérais un jour de ce sujet rire.
À mes cinquante ans,
C'était encore pire !
Le sujet devenait obsédant.
De qui pouvais-je tenir ?






De cet homme grand et savant ?
Ou de celui avec ce grand sourire ?
Chaque homme, devant moi, passant,
Devenait pour moi le père à quérir.












Je vivais chaque jour en souffrant
De n'avoir eu dans ma vie ce plaisir,
Par un père toujours présent,
Soutenu, me sentir.
Aujourd'hui, je me dis souvent,
Qu'un jour, je mourrai sans ton souvenir,
Même pas en espérant,
Dans l'autre monde, te découvrir.
Car en me décomposant,
Avec toi et sans toi, je vais poussière devenir,
Et de toi à moi, pour le monde des vivants,
Il ne restera… Rien !
Sauf ce poème que je viens pour toi d'écrire.










Textes et photos de Christian Bailly
Tous droits réservés
30/04/2009

samedi 18 mai 2019

Génocide










Ils ont traversé les âges,
Ils ont traversé nos vies,


Dans l'élan de leur jeunesse,
Ou à l'automne de leur vieillesse,
Dans la dignité, avec sagesse,








 

















Ils tombent sans combattre,
Et meurent sans se débattre,
En silence, sans nous rebattre,





























De la grandeur de leurs existences,
De la richesse de leurs expériences,
Ni de leurs morts, l'indécence.























Les années ont fait d'eux,
Des dieux voués au feu,
Ou à l'ingéniosité, au mieux.


Ils ont grandi au sein d'un monde primitif,
Dans leur existentialisme méditatif,
Pour être par un primate vindicatif,


Sans respect, lacérés, amputés.
Dans l'indifférence, ils vont agoniser,
À même l'humus qui les a engendrés.


Détrônés en toute impunité,
Décapités de la tête au pied,
Proies abandonnées à la cupidité,
Persécutés au-delà des frontières,
Sur l'autel pécuniaire,
Ils sont sacrifiés sans oraison ni prière.


Au crépuscule de l'humanité, il me reste à espérer,
Avant d'entendre le glas du jugement dernier,
De voir l'épilogue de cet holocauste démesuré.


Compagnons de mes longues flâneries,
Je rends les honneurs à votre fratrie,
Je vous demande grâce pour notre félonie.




Texte et photos de Christian Bailly
Tous droits réservés
09/11/2009

Sans Toi












Sans Toi,
Je ne suis rien,
Pas même l'ombre de mon chien.
À la vie, je ne trouve aucun bien.
J'attends douloureusement le temps qui vient



























Sans Toi,
Ma vie est un désert,
Où mon âme esseulée se perd,
À chercher l'être cher,
Qui  habite mon univers.

























Sans Toi,
Je vis dans la peur
D'aimer dans la douleur,
De perdre mon âme sœur,
Source de mon bonheur.



























Sans Toi,
Je suis la rose sans épine,
D'un jardin en ruine,
Envahi par l'aubépine,
Sans l'abeille qui la butine.

























Sans Toi,
Je suis le calice, sans le vin,
Le volcan trop tôt éteint,
L'amour sans le divin,
Une vie sans dessein.























Reviens mon Ami, reviens-moi !
Que je retrouve ma voix,
Que je chante sur les toits,
Mon bonheur d'être à Toi.




























Texte et photos de Christian Bailly
Tous droits réservés
16/01/2010

Renoncement



Parfois, me vient l'envie de rendre les armes,
De me noyer dans les abysses de mon âme,
D'abaisser les cartes, de baisser le masque,
De mon existence mettre fin à ses frasques,

Pour ne plus rôder telle une ombre vagabonde,
Parmi les survivants de cette hécatombe.
J'en brigue sans délai l'avant-première,
Pour ne plus errer entre tristesses et chimères,



Ne plus m'empoisonner de mes obsessions,
Trouver l'ultime chemin de mon évasion,
Ne plus me shooter de mes espoirs vains,
Être au moins, de ma fin, enfin le souverain.

Je veux sans crainte me laisser aller,
À la mort, céder ma chair dépouillée,
Au bord du chemin, mon âme, l'abandonner,
Des faix de ma vie, me débarrasser.



Plus rien ne comble mon désarroi,
Pas même l'amour, ni les tendres émois.
Ma vie est un échec, une illusion,
Dont je suis à bout de provision.

La gueuse guette mes moindres faux-pas,
De mon premier souffle à mon trépas.
Me harcèle sans répit, avec pugnacité.
Son arsenal a raison de mes velléités.


Cette chieuse a fait ma perte avant même
Que je n'aperçoive l'astre suprême.
Je ne partage avec elle que le fait d'être bâtard.
Sans état d'âme, elle fait de moi son bagnard.


De ma destinée, elle a vendu l'âme,
Sans cesse de mon bonheur, elle m'affame.
Elle me dessert pour mieux m'asservir,
Et de mes turpitudes mieux s'assouvir.


Un jour viendra cependant
Où je serai plus accommodant,
J'accepterai alors son dernier tango,
Et lui laisserai comme agios…

Mes os !




Photos et texte de Christian Bailly
Tous droits réservés
22/10/2009

mercredi 1 mai 2019