vendredi 19 février 2021

Sacrilège

 


 Instant sacré !

Quand dénudé, allongé en croix sur notre autel,

Tu t'offres, comme l'agneau, à ma dague affûtée.

Quand tes psaumes me demandent de t'honorer,

Que ton corps aspire au contentement providentiel.

 



Quand ton intime encens trouble mes sens exaltés,

Quand tu me supplies de céder à tes prières impures,

Et que tu me quémandes de bien vouloir conclure,

Quand tu me confesses tes attentes avec sincérité.

 



Instant sacré !

Quand tu fais pénitence, que je mets fin à ton abstinence,

Quand je prépare pour ton expiation, mon purgatoire,

Quand pour tes sens, mon enfer n'est qu'une échappatoire,

Et que tu refuses du paradis les trop pâles réjouissances.



 
Quand tu m'offres ton hostie et que je m'y consacre,

Quand mes lèvres effleurent ton calice pour moi, élevé,

Et que je jouis des douceurs de ton vin sacré avec piété,

Quand je soigne pieusement les préliminaires de ton sacre.

 



Instant de grâce !

Quand je vois du plaisir annoncé, sur ton corps martyrisé

Les stigmates, et que je t'offre ma délictueuse absolution,

Contre le fruit de ta repentance, pour unique condition.

Quand tu expies enfin, dans les souffrances de la volupté.


 


Instant de grâce !

Quand ton désir assouvi, docilement décline,

Se met à genoux…




Alors reconnaissant, devant lui, je m'incline.




Texte et photos Christian Bailly 

Tous droits réservés

28/10/2010


jeudi 11 février 2021

L'amour est dans le pré

 

Je rêve de t'allonger, de sagement te déshabiller.

De mes caresses, t'effleurer, et venir déposer,

Comme un papillon, sur ton corps extasié,

Mille baisers légers, pour te faire frissonner.

 



Je rêve de te voir, sous mes mains t'épanouir,

Comme une fleur sauvage avant de la cueillir,

Te découvrir, te sentir, m'enivrer, tressaillir,

Me laisser envoûter par ton bouquet, défaillir.

 




Je rêve de réveiller ton affriolant pistil, le titiller,

De l'exalter et son insolente indécence, exhorter.

Tes fructueuses étamines, les flatter, les voir vibrer,

S'enorgueillir, pour mieux servir ta générosité.



 

Je rêve, comme une abeille de venir te butiner,

À l'élaboration de ton miel singulier, m'afférer.

Intensément, sans faillir, besogner, et récolter

Enfin ton sucre libéré, pour mieux m'en gorger.



 

Je rêve de voir s'envoler avec la brise l'exhalaison

De ton plaisir, le fruit de notre communion,

D'encenser ainsi la terre entière de notre passion,

La féconder de notre amour, de ses ardentes effusions





Texte et photos Christian Bailly 
Tous droits réservés
19/10/2010

vendredi 5 février 2021

Défi

 


 


J'étais amoureux de la veuve en noir.

Chaque jour, elle se faisait plus pressante,

Elle m'assaillait de déclarations séduisantes,

Ses attraits, ne cessaient de m'émouvoir.

 

Elle me promettait un monde merveilleux,

Sans haine, sans peine, sans une larme,

Où l'on n’a plus besoin de sortir les armes,

Dans ces bras d'être infiniment heureux.

 

Elle m'aguichait, m'ouvrait son lit de satin.

Elle me proposait des épousailles solennelles,

M'assurait que j'y trouverais le repos éternel,

De connaître, avec elle, un nouveau destin.

 

Je ne l'avais pourtant pas encore embrassée,

Ni même effleurée de délicates caresses,

Qu'elle s'offrait à moi comme une déesse,

M'exigeait de bien vouloir, au plus tôt, l'épouser.

 

Mais c'est qu'à la vie, j'étais encore marié.

Même si elle se faisait, pour moi, cruelle,

Et que l'envie me prenait parfois d'être infidèle,

Je résistais à mon obsession de la tromper.

 

Résister ! Je devais résister à cette ogresse !

Voir la vie sous de plus beaux présages,

Croire à l'amour, savoir en tirer avantage,

Et détromper cette impertinente maîtresse.

 

Mon Ami, mon Amour, mon tendre Amour !

C'est alors que tu me détournas de cette femelle,

Tu construisis autour de moi ta citadelle,

Me pris sous ton aile pour me défendre de ce vautour.

  

Aujourd'hui, je te dois ce beau discours,

Tu m'as soustrait à mes trop sombres envies,

Mis au défi d'aimer, d'adorer avec toi, la vie

De m'en régaler, pour qu'avec toi, je la savoure.


Mon Ami, mon Amour, mon tendre Amour !

Pour toi, je relève ce défi !


Photos et texte Christian Bailly

Tous droits réservés

15/10/2010

                        

samedi 30 janvier 2021

Trousse-chemise

 

Mon bel ami,


Viens trousser ma chemise,

Que dans le pré, je m'éparpille,



Que, sur moi, je te laisse mainmise,

Et faire le plaisir de tes papilles.



Viens trousser ma chemise,

De mon corps, les fruits, grappille.



De ma sensualité insoumise

J'attends que tu l'houspilles.


Mon bel ami,

 



Viens trousser ma chemise,

Ton gros appétit, je sais, te titille.




Ta convoitise se cristallise.

Ton aiguillon pour moi frétille.



Viens trousser ma chemise,

De ton loyal désir, estampille



Sans vergogne, ma chair promise.

Oui, je veux que tu me pilles !


Mon bel ami,

 



Viens trousser ma chemise,

Avant que le temps ne nous gaspille.



Toutes les folies sont permises,

Avant que les années ne nous torpillent...





Texte et photos Christian Bailly

 Tous droits réservés 

15/10/2010

 

samedi 23 janvier 2021

Mon p'tit salopard

 


Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Qui sait mettre dans mon calbar
Le feu, même à plus de cent lieux,
Avec quelques mots insidieux.




Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Qui sais pertinemment que je pars,
Au quart de tour, sans plus de détours,
Avec un simple mais malin discours.




Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Qui sait descendre vivement le costard,
Pour moi s'effeuiller, et semer la tempête,
Irrémédiablement dans ma p'tite tête.





Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Un temps soit peu, délicieusement vicelard,
Aussitôt chez moi, c'est la canicule,
Mon minuscule s'affiche en majuscule.





Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Qui, en moi, sème son chambard.
A mes ordres, sans tarder, il s'effeuille,
Alors je retrouve son désir à mon seuil.





Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Un peu soudard mais bon au plumard,
Qui sait comment me faire de l'effet,
Me mettre sens dessus-dessous le buffet.





Dans mon cœur, j'ai un p'tit salopard,
Qui aux lions, ne laisse pas sa part,
M'apprivoise de la tête aux pieds,
Il sait me prendre à contre-pied.




Dans mon cœur j'ai un p'tit salopard,
Devenu expert, maître dans l'art,
De faire de moi ce poète,
Prêt à en perdre sa tête.




Texte et photos Christian Bailly

Tous droits réservés

13/10/2010


 

vendredi 8 janvier 2021

Possession.

 

 

Je suis habité par un démon,

Envoûté, possédé, ensorcelé.

Comment de toi, m'exorciser ?

L'enfer embrase mon giron.

 

Mon corps n'est plus que braises,

Où coule une lave incandescente,

Elle attend par toi sa délivrance,

Que tu viennes, que tu l'apaises.

 

Tu es mon Hadès et tu règnes

En tyran sur mes Champs Elysées.

En moi, file l'indomptable Léthé,

De désirs sulfureux, il m'imprègne.

 

Mon Minos, de tes châtiments,

Tu paves ma chair déjà brulée

Par tous tes baisers exaltés.

J'attends ton dernier jugement.

 

De tes inlassables tourments,

Je me complais de l'opulence.

J'aspire à leurs cruelles offenses,

À mon plaisir, leur acharnement.

 

Je te vends mon corps, mon âme,

Oh ! Mon adorable Satan !

J'attends ton inflexible yatagan

Et de son bon plaisir, la douce lame.

 

Reçois mon cœur en sacrifice,

Fait couler mon nectar divin.

De ma chair, sers ta faim,

Remplis tes licencieux offices !

 

Ose enfin ! Sers-toi, mais délivre-moi !

Avant que par mon amour, consumé,

Je m'envole en fumée, enfin délivré

De mes turpitudes, de mes émois.

Textes et photos Christian Bailly

Tous droits réservés

08/10/2010